LES PREMIERES BALANCES

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Je me souviens de la première balance lors du premier concert que nous avons donné.

En sonorisation, la balance est le réglage et l’équilibrage de toutes les sources d’un concert de musique, amplifiées de façon à ce que tous les instruments et les voix soient parfaitement distincts et agréables à entendre pour le public (le son « façade ») mais aussi pour les musiciens sur scène (les sons « retours »).

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                Pour ma part, ce fut un grand moment de solitude… Nous étions prêts, nous avions répété dans les conditions du live mais, mis à part le batteur, qui jouait dans un autre groupe, le reste de l’équipe ne s’était pas retrouvé dans pareille situation depuis fort longtemps, voire jamais. Je pouvais presque palper le stress du groupe qui flottait sur la scène. Une partie du public était déjà là.

On avait tout préparé sauf, le choix des morceaux testés lors des balances. Erreur de débutants. Normal me direz vous, nous étions des débutants. On a donc tout fait à l’arrache, essayant de se rassurer en jouant fort. Dans le même temps, chacun chercha dans le regard de l’autre la force qui lui manquait, pour y trouver finalement les mêmes inquiétudes que dans le sien… La belle affaire !

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Je ne connaissais pas l’ingéson, j’en étais encore à me demander si tous mes câbles étaient bien branchés lorsqu’une voix, sortie de nulle part, dit assez fort « bon le chanteur on y va »…

Mais on va où ??

 En une fraction de seconde, tu as l’impression que tous les regards se tournent vers toi et scrutent la moindre de tes réactions, le plus insignifiant de tes mouvements.  Et c’est exactement ça, tout le monde te regarde… Je me suis senti « décortiqué ». Et là, c’est normal, la spirale de la loose se met en branle avec une grande efficacité et tu chantes dans un micro duquel aucun son ne sort… Nada, walou, que dalle !

Problème de câblage, de réglage, enfantillage, engrenage, j’ai passé l’âge, j’ai la rage…

 Pendant ce temps, tes potes jouent histoire de se rassurer et de bien te faire sentir que leur matos à eux est bien câblé. Tes « boulettes » grossissent gentiment et tu te forces à respirer profondément pour ne pas te laisser envahir par tes émotions.

Heureusement que Nico (l’ingéson s’appelait comme ça) était adorable et m’a aidé à contrôler les différents branchements pour, finalement, faire sortir ma voix dans les enceintes, à mon plus grand soulagement, j’avais même tous les instruments dans les retours. Sauvé !

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Mais, car il y a toujours un mais dans cette fameuse spirale évoquée un peu plus haut, je m’étais un peu trop crispé en cherchant ce qui n’allait pas dans mes câblages et mes doigts s’étaient transformés en des espèces de racines qui se traînaient lamentablement sur le manche de ma guitare. Je sentais que tout se faisait en force, rien ne coulait comme d’habitude, plus les notes accrochaient et plus les doigts se crispaient.

Image par Dariusz Labuda de Pixabay

Dès que le concert a démarré, tout s’est mis en place comme par enchantement (heureusement que le travail paye !). Le groupe maîtrisait parfaitement ses morceaux, les inévitables « petits couacs » furent insignifiants et le public, fut visiblement ravi. Bref, au final cet évènement, anodin pour beaucoup, m’a forgé le caractère. Je suis toujours peu à l’aise avec les câbles en général, même si je ne me trompe plus trop de branchement aujourd’hui… LOL

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